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Industriels de la Mer

La filière des Industriels de la mer regroupe actuellement 3 composantes : l’industrie navale, les énergies marines renouvelables (EMR) et l’offshore. Elle représente environ 120 000 emplois directs en France et réalise 35,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 50% à l’export.

La France possède le deuxième domaine maritime le plus étendu au monde - 11 millions de km2 grâce à ses territoires d’outre-mer - juste derrière celui des États-Unis, et se positionne ainsi comme une puissance maritime.

C’est la mer et ses spécificités propres qui rassemblent les composantes des Industriels de la mer, puisque cette filière est la seule à concevoir et à construire des objets de travail et de vie, des lieux d’habitation ou de loisirs, que sont les navires et les plateformes. Leur savoir-faire comprend un large panel de technologies, souvent de pointe, et repose sur des problématiques communes (solutions de décarbonation, corrosion, mouvement de plateformes, agression des paquets de mer, systèmes embarqués, propulsion…).

La filière réalise aujourd’hui 50% de son chiffre d’affaires à l’export, avec notamment 95% pour la construction navale civile. Ces données démontrent la capacité des Industriels de la mer, grands donneurs d’ordre comme ETI et PME, à prospérer dans un marché ultra-compétitif.

En parallèle, le rôle économique des activités industrielles de la filière dans les villes du littoral français n’est plus à démontrer. Les bassins d’emploi associés contribuent largement à l’attractivité de ces territoires.

Chiffres clés

Filière Industriels de la mer

  • 120 000 emplois direct
  • 35,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires
  • 50% : part du chiffre d'affaires de la filière réalisé à l'export

Types d’activité

  • L’industrie navale - représentée par le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN)
  • L’offshore et les énergies marines renouvelables – représentés par EVOLEN et le Syndicat des Energies Renouvelables (SER)

Grands enjeux de la filière

Réindustrialisation & autonomie stratégique

Lobjectif est dassurer la souveraineté économique et industrielle de la France à travers le renforcement de la compétitivité des industriels de la mer.

La pandémie de Covid-19 a révélé la vulnérabilité de chaînes de valeur éclatées à travers le monde et la récente montée des tensions géopolitiques a remis sur le devant de la scène les problématiques d’autonomie stratégique.

La mer est vectrice de puissance économique, militaire et scientifique. La France doit repenser le maritime dans sa globalité en évaluant et soutenant chaque échelon de la chaîne de valeur en termes de compétitivité et d’innovation ainsi qu’en développant des synergies. Elle doit également évaluer ses besoins civils et militaires pour donner une visibilité aux acteurs et assurer sa souveraineté et son autonomie industrielle.

Transition écologique

L’ambition de cet axe, qui s’inscrit dans une logique industrielle, est triple : décarbonation, prévention de la pollution et réindustrialisation verte.

Le secteur des Industries de la Mer est en effet confronté à une injonction de transition écologique accélérée représentant simultanément des défis et des opportunités.

Suite à l’Accord de Paris sur le climat, des mesures réglementaires et financières ont été mises en place au niveau international – notamment par l’OMI et l’UE – visant à atteindre la neutralité carbone en 2050. Le paquet législatif européen « Fit for 55 » adopté en 2023 vient ainsi renforcer le « Green Deal ».

En conséquence, à partir de janvier 2024, le système d'échange de quotas d'émissions de l'UE inclura les émissions de CO2 maritimes de tous les grands navires entrant dans les ports de l'UE, indépendamment de leur pavillon ; le règlement de l'UE FuelEU Maritime devrait entrer en vigueur à partir de janvier 2025. Dans la mesure où la construction d’un navire s’étale généralement sur un an ou deux ans, et que celui-ci opérera pendant 30 ans environ, il convient de viser dès aujourd’hui le « zéro émission net » en opération.

Par ailleurs, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe pour l’éolien en mer l’objectif de 20GW attribués en 2030, afin d’atteindre une capacité de 18GW en service en 2035 et 45 GW en 2050, ainsi que des objectifs chiffrés dans l’hydrolien  dès 2026 apportant de la visibilité à nos industriels.

Innovation

L’enjeu est de créer un environnement favorable à la Recherche et à l’Innovation (R&I), au travers des travaux du Conseil d’Orientation de la Recherche et de l’Innovation des Industriels de la Mer (CORIMER) et du Comité R&D.

Il s’agit de développer, concevoir et intégrer des briques technologiques innovantes, d’aboutir à de grands démonstrateurs opérationnels et d’acquérir puis d’exploiter des données opérationnelles. Ces innovations couvrent le large spectre des technologies émergentes navales et de l’énergie, de l’incrémental à la rupture.

Dans le cadre des travaux du comité R&D, les pilotes industriels et les Pôles de Compétitivité Mer et EMC2, en collaboration avec les acteurs académiques et les industriels, ont élaboré quatre feuilles de route technologiques depuis 2018, régulièrement mises à jour :

  • « Greenship » (Décarbonation et navires écologiques),
  • « Smartship » (Bateaux intelligents et systèmes autonomes),
  • « Smartyard » (Nouveaux matériaux et chantier / usine intelligents),
  • « Future Offshore Industries » (Industries en mer du futur).

Le principe d’une 5ème feuille intitulée Sécurité, Sûreté et Environnement en Mer (SSEM) est entériné par le contrat de filière. Sa rédaction et sa déclinaison opérationnelle font l’objet d’échanges entre les différents acteurs impliqués, afin de les affiner au plus juste des enjeux d’innovation pour l’avenir.

Le rôle de la filière des industriels de la mer en matière de recherche et innovation (R&I) est de combiner une expertise scientifique pointue, des partenariats industriels et académiques plurisectoriels et une coopération constructive avec les services de l’État, notamment dans le cadre du plan France 2030 pour raccourcir le cycle d’innovation des produits, pour faire plus rapide, fiable, moins coûteux et plus écologique.

Attractivité des métiers et gestion des compétences

Lobjectif est dassurer les capacités des acteurs de la filière des industriels de la mer à être dotés d’une main d’œuvre nationale compétente et ancrée dans les territoires.

La filière prévoit 72 000 recrutements à horizon 2030 et certains métiers comme ceux d’ouvrier et technicien sont très en tension. Ces tensions majeures freinent la reprise et le développement du secteur. Elles sont liées à l’évolution du marché national de l’emploi, à un déficit persistant d’attractivité des métiers industriels dans leur ensemble et à une baisse de l’attractivité du secteur du maritime.

Le pourcentage des femmes dans la filière représente 25% tout niveau de diplôme confondu. Ce pourcentage est particulièrement faible sur les métiers d’ouvriers de l’industrie navale et est estimé à 6%. Ce constat peut être partiellement expliqué par la survivance de préjugés ou de méconnaissance sur ces métiers.

Les nouveaux enjeux sociétaux, économiques, technologiques et réglementaires constituent également des défis pour les entreprises de la filière. Ils font progressivement émerger de nouveaux métiers et évoluer la majorité des métiers existants. Il convient de porter une attention particulière aux évolutions de compétences dans les activités liées aux transitions éco-énergétique et numérique.

En complément d’un déficit d’attractivité, les acteurs de la filière doivent également répondre à des enjeux de fidélisation de leurs salariés. La filière implique des grands groupes mais surtout des TPE et PME qui n’ont pas toujours les moyens financiers de mettre en place des actions visant à renforcer leur attractivité et la fidélisation de leurs salariés.

Initiatives phares

Soutenir et structurer l’innovation maritime : le CORIMER

Depuis 2018, le Conseil d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation des Industriels de la mer (CORIMER) constitue l’enceinte de dialogue État-filière pour définir, orienter et soutenir la recherche, le développement et l’innovation dans la filière.

Le CORIMER est associé à l’élaboration des appels à manifestation d’intérêt (AMI) ou appels à projets publiés (AAP) par l’État et intéressant directement la filière. À ce titre, le CORIMER propose le contenu des feuilles de route technologiques de la filière comme cadre de référence des dispositifs publics de soutien à l’innovation et la R&D, en vue de structurer les aides publiques et le soutien aux projets de la filière.

En donnant de la visibilité sur les aides et en agissant comme porte d’entrée dédiée vers les dispositifs mobilisables, le CORIMER permet de stimuler l’émergence de projets et d’assurer leur évaluation au regard des enjeux maritimes. Présidé par une personnalité qualifiée issue du monde industriel, le CORIMER a progressivement trouvé sa place dans le paysage du soutien à la R&I pour le maritime.

Les aides accordées se sont accrues à chaque nouvelle édition de l’AMI CORIMER. Le dernier AMI CORIMER (2023) fait état, à date, d’un montant d’aides total de plus de 73 M€ (contre 46 M€ lors de l’édition précédente) pour 14 projets financés.

Plus d’informations sur le CORIMER ici.

Répondre aux difficultés de recrutement : le CINav

Pour faire face aux difficultés de recrutement rencontrées par le secteur maritime et ancrer dans les territoires une main d’œuvre nationale qualifiée, une démarche collective public/privé a abouti à la création du Campus des Industries Navales (CINav) en 2018.

En tant que collectif maritime, le CINav articule ses missions autour de trois axes majeurs : l’attractivité, la gestion des compétences et l’anticipation des besoins.

Avec ses actions de promotion et d’attractivité des métiers, CINav génère 10 000 rencontres par an pour présenter les métiers de la filière, et les formations associées afin de susciter de nouvelles vocations.

Le CINav a mis en œuvre un plan national d’actions avec France Travail auprès de populations éloignées de l’emploi avec des actions comme le BOOST maritime à Nantes ou l’école de la seconde chance à Marseille qui ont été l’occasion de présenter les métiers et formations via un ambassadeur métier et des modules d’acculturation maritime.

Le projet FORTEIM, porté par CINav avec 15 partenaires (industriels, universités, écoles d’ingénieur, AFPA etc) vise à créer des formations nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins en compétences liés à la transition écoénergétique.

En complément une Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC) est pilotée chaque année par CINav pour identifier, par territoire les besoins en recrutements à horizon 3 ans au regard de l’offre de formation. Cette étude permet de mener des actions d’attractivité ciblées par territoire, ainsi que des adaptations de formation en fonction des attentes des industriels de la mer. 

Plus d’informations sur les actions du CINav et leur déclinaison régionale ici.

Stimuler la croissance des PME, ETI et start-up du secteur

Pour accélérer la croissance des PME, ETI et start-up du secteur des Industriels de la Mer, les accompagner dans leur structuration et les faire changer d’échelle, le programme Accélérateur Industriels de la Mer a été mis en place.

Financé par le gouvernement dans le cadre de France 2030, opéré par Bpifrance et adressé aux dirigeants, ce programme vise plusieurs objectifs : faire gagner les entreprises participantes en compétitivité grâce au digital et à l’industrie du futur, les aider à saisir les opportunités de développement à l’international, les inviter à (ré) interroger leur stratégie, faire grandir leurs talents et les aider à trouver de nouveaux partenaires tout en nouant des relations pérennes avec leurs clients et fournisseurs.

Pour les entreprises retenues, le programme prend la forme d’un parcours sur-mesure et intensif de 18 mois incluant du conseil sur mesure, des séminaires de formation collective et des journées de rencontres filières pour développer des relations d’affaires durables avec leurs pairs.

La première édition de l’Accélérateur Industriels de la mer a été lancée le 28 novembre 2022 et une deuxième édition est en préparation pour 2024..

Plus d’informations et candidatures ici.

Dates clés

Accélérateur Industriels de la Mer

Suite au succès de la première édition, l’Accélérateur Industriels de la Mer annonce la 2e édition en novembre 2024.

image illustrative

Le comité de filière

Président : Philippe Berterottière

    Contacts

    • Délégué permament du CSF / Francis Parmentier : f.parmentier[ @ ]evolen.org
    • DGE / Emma Thibaud : emma.thibaud[ @ ]finances.gouv.fr